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Samedi 15 juin 2013 6 15 /06 /Juin /2013 12:09

Il y a quelques jours, cette fille qui lui ressemblait, dans la voiture derrière moi, au feu rouge, et instinctivement, mon sourire, et cette envie de lui faire signe, et de la serrer dans mes bras. Les gens qu'on a aimés, ils restent là. Bien sûr, bien sûr. L'amour reste.
Elle a baissé la tête. Le feu est passé au vert. Et la vie continue.

Hier, mes larmes. Je ne m'y attendais pas. Je croyais que ça allait, la peine prenait moins de place, je croyais que j'étais guérie, en quelque sorte. Mais guérit-on jamais de ça ? La mort, on s'en remet ? 

Cette chanson. Richard Cocciante, ce doit être le summum de la ringardise... J'adore. J'ai pensé à ce cd à la couverture bleue, prêté durant des semaines, oh.  

En remontant dans les archives de La 25è heure, une photo, les larmes, encore. Tu me manques, mon Pilou. Tellement, tellement.

Cette nuit, j'ai rêvé d'elle, si nettement, elle arrivait, comme si de rien n'était, avec des robes pour Amélie, qui l'accueille, toute contente. Marraine. Il y avait deux robes, les mêmes, mais de couleur différente, je suis sûre que ça a du sens, tiens. Je me lève, pour l'embrasser, et elle reste raide. Et là, je m'emporte, devant tout le monde, devant les yeux médusés de ma belle-mère, et ça sort comme un jet : tu es ma soeur, et mon fils est mort. Tu te rends compte, que tu es ma soeur, que mon fils est mort ?

Putain, c'est fort, l'inconscient. 

Par La25eheure
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Samedi 1 juin 2013 6 01 /06 /Juin /2013 07:23

Mai

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Le 1er mai, avec notre petit brin de muguet, l'odeur que je préfère, chez ceux que je préfère, ça commençait bien...
Le lendemain, un beau moment au 2 fenêtres, petite parenthèse intime et délicieuse. 
Ca s'est enchaîné, le joli mois de mai, là et où on ne l'attendait pas...
Il y a une petite dame qui un jour du début du mois m'a téléphoné, elle voulait visiter notre appart, elle est venue, elle était enthousiasmée, elle est revenue, elle a dit qu'elle voulait l'acheter...
On s'est mis à chercher, à téléphoner, à visiter... Et tout le stress que ça implique.
J'ai quand même réussi à caser l'un ou l'autre déjeuner amical, avec Marie, puis avec Céline, et ça m'a fait du bien.
Namur en mai, le spectacle de danse de Rosy, les deux jours de séminaire à Spa, la petite communion de Mathys, la marche gourmande...
Ensuite ce tête-à-queue sur l'autoroute qui m'a laissée tremblante, saine et sauve, et tellement consciente de ma chance... merci Pilou...
Mai, le mois des mots aussi, qui sont venus se déverser, pour se poser, parfois.
J'ai resorti mon Petit traité des grandes vertus, et j'ai relu le passage sur la miséricorde... Il m'a toujours fait du bien, ce bouquin.
Mai, mai, mais quoi ? 

Par La25eheure
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Vendredi 31 mai 2013 5 31 /05 /Mai /2013 20:37

Par La25eheure
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Vendredi 17 mai 2013 5 17 /05 /Mai /2013 20:51

Tu me dis que rien ne passe
Même au bout d'un moment
Qu'un beau jour c'est une impasse
Et derrière l'océan
Que l'on garde toujours la trace
D'un amour, d'un absent
Que tout refait surface
Comme hier droit devant
Tu me dis que rien ne sert
La parole ou le temps
Qu'il faudra une vie entière
Pour un jour faire semblant
Pour regarder en arrière
Revenir en souriant
En gardant ce qu'il faut taire
Et puis faire comme avant

Je peux seulement te dire
Je peux seulement te dire
Qu'il m'a fallu la peur pour être rassuré
Que j'ai connu la douleur avant d'être consolé
Qu'il m'a fallu les pleurs pour ne plus rien cacher
Que j'ai connu la rancœur bien avant d'être apaisé
Tu ne sais pas encore ce que je sais par cœur
Ce que je sais par cœur
Beau Malheur

Tu me dis que rien n'efface
Ni la craie ni le sang
Qu'on apprend après la classe
Ou après ses 30 ans
On peut dire 3 fois hélas
Que personne ne l'entend
Comme personne ne remplace
Ceux qui partent pour longtemps
Tu me dis que vient l'hiver
Qu'on oublie le printemps
Que l'on vide les étagères
Qu'on remplit autrement
Qu'on se rappelle les yeux verts
Le rire à chaque instant
Qu'après tout la voix se perd
Mais les mots sont vivants

Je peux seulement te dire
Je peux seulement te dire
Qu'il m'a fallu la peur pour être rassuré
Que j'ai connu la douleur avant d'être consolé
Qu'il m'a fallu les pleurs pour ne plus rien cacher
Que j'ai connu la rancœur bien avant d'être apaisé
Tu ne sais pas encore ce que je sais par cœur
Ce que je sais par cœur

Tu me dis que c'est un piège
Un jeu pour les perdants
Que le bateau est en liège
Et l'armure en fer blanc
Que plus rien ne te protège
Ou alors pas longtemps
Que c'est comme un sortilège
D'être seul à présent

Je peux seulement te dire
Je peux seulement te dire
Pour être rassuré
Avant d'être consolé
Pour ne plus rien cacher
Bien avant d'être apaisé

Il m'a fallu la peur pour être rassuré
Et j'ai connu la douleur avant d'être consolé
Il m'a fallu les pleurs pour ne plus rien cacher
Et j'ai connu la rancœur bien avant d'être apaisé
Tu ne sais pas encore ce que je sais par cœur
Ce que je sais par cœur
Beau Malheur

Emmanuel Moire

 

Par La25eheure
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Mercredi 1 mai 2013 3 01 /05 /Mai /2013 12:00

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Avril a commencé dans un froid glacial, et moi je me suis demandé comment j'avais fait pour tenir jusque là. Comment je faisais pour tenir encore, et comment j'allais faire pour continuer. Heureusement qu'Avril a commencé par une semaine de congé pour nous trois, et par un peu repos, de recul, de repli. 

De tout cela mon corps a constitué une boule de pus rassemblée dans mon nez en un furoncle - j'ai échappé cette fois de peu à l'incision ; le rendez-vous était pris pour le lendemain matin quand finalement la peau a cédé, ce qui m'a fait dire que, finalement, peut-être que Dieu existe - il a ressuscité.

J'ironise. Je n'ai pas tenu le même discours à l'enterrement de la maman d'une copine, lorsque le prêtre nous a invités à entrer dans la joie du Seigneur... La joie, vraiment ? Ca ne me parle tellement plus... J'ai souvent eu envie d'en parler ici, et l'énergie m'a manqué. Parce que je ne suis pas certaine de parvenir à dire vraiment. Je dis en riant que je suis fâchée avec Dieu. Ce n'est pas tout à fait vrai. Je suis fâchée avec le rituel. Avec ce que les croyants en ont fait. Les valeurs fondamentales restent. Je crois, tout au fond, que si je voulais bien l'admettre, la Foi y est toujours, mais plus les mots, mais plus tout ce qu'on m'a appris, mais plus ce qui l'enrobe. C'est une Foi brute. J'ai cessé de croire au tralala, à ce qu'on m'a appris, et ce qu'on a détourné - ce qu'on m'a appris et qui peut-être a toujours été détourné - m'a été appris détourné ?

Bref, avril, le mois de la lumière. Le mois, surtout, d'une agitation sans nom. En mode pile électrique. J'étais au bout du rouleau. Et je ne savais pas comment faire pour rembobiner.

J'ai décidé de retourner m'asseoir chaque vendredi dans un fauteuil moelleux pour parler à une inconnue, et surtout pour savoir si oui ou non je suis définitivement cinglée.

Et puis je me suis aperçue que cette agitation n'était qu'un effet secondaire de mon traitement neuro contre les migraines. Quelques gellules de magnesium et je suis redevenue moi-même. Ouf. Légèreté de la vie. J'étais sauvée.

On a dansé, Loup et moi, aux 50 ans d'un ami, et on a ri, ri et ri. C'était bon.

Le ronron de mon Gus a continué dans mon cou toutes les nuits et tous les matins,
j'ai continué à l'appeler Buzz quand il me marchait dessus,
et un jour ça m'est apparu clairement,
ça me rappelle les câlins kangourous avec mon Pilou en néonat,
le poids de mon toutdoux sur moi
et son ronron qui me rappelle le bruit de l'oxygène.

Ceux qu'on a aimés
Ceux qu'on aime
Ils sont toujours là
Là ♥

 

Par La25eheure
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