Il y a quelques jours, cette fille qui lui ressemblait, dans la voiture derrière moi, au feu rouge, et instinctivement, mon sourire, et cette envie de lui faire signe, et de la serrer dans mes
bras. Les gens qu'on a aimés, ils restent là. Bien sûr, bien sûr. L'amour reste.
Elle a baissé la tête. Le feu est passé au vert. Et la vie continue.
Hier, mes larmes. Je ne m'y attendais pas. Je croyais que ça allait, la peine prenait moins de place, je croyais que j'étais guérie, en quelque sorte. Mais guérit-on jamais de ça ? La mort, on s'en remet ?
Cette chanson. Richard Cocciante, ce doit être le summum de la ringardise... J'adore. J'ai pensé à ce cd à la couverture bleue, prêté durant des semaines, oh.
En remontant dans les archives de La 25è heure, une photo, les larmes, encore. Tu me manques, mon Pilou. Tellement, tellement.
Cette nuit, j'ai rêvé d'elle, si nettement, elle arrivait, comme si de rien n'était, avec des robes pour Amélie, qui l'accueille, toute contente. Marraine. Il y avait deux robes, les mêmes, mais de couleur différente, je suis sûre que ça a du sens, tiens. Je me lève, pour l'embrasser, et elle reste raide. Et là, je m'emporte, devant tout le monde, devant les yeux médusés de ma belle-mère, et ça sort comme un jet : tu es ma soeur, et mon fils est mort. Tu te rends compte, que tu es ma soeur, que mon fils est mort ?
Putain, c'est fort, l'inconscient.